Avec internet il y’a plus de monde aux enterrements!

Beaucoup de questions se posent sur l’impact des nouveaux moyens de communication sur nos sociétés.
Est-ce un progrès ? Est-ce que cela ne conduit finalement pas à éloigner les gens? A ne plus avoir de rapports physiques mais uniquement virtuels?
Michel Serres nous dit pourtant que nous avons la chance de vivre la troisième plus grande invention de notre histoire depuis l’écriture et l’imprimerie. Et qu’il est donc normal d’observer des changements sociétaux importants.
Pour ma part, et avec beaucoup d’humilité, je vais simplement partager trois exemples de changements positifs observés récemment.
Tout d’abord, l’impact qu’a pu avoir un réseau comme Facebook sur mon épouse. Elle est américaine et se retrouve donc loin de sa famille, de ses amis, qui sont de toute façon répartis aux quatre coins des Etats-Unis. Facebook lui a bien sûr permis d’échanger à distance, de trouver une certaine instantanéité, de retrouver même des connaissances qu’elle avait perdues de vue. Surtout, et c’est ce point que je voudrais mettre en avant, ils se retrouvent ensemble à la première occasion et la discussion est finalement plus fluide, presque plus évidente : «  Oui, j’ai vu les photos de la graduation d’Elizabeth.. », «  ton nouveau chien est magnifique », « tu as vu que notre prof de danse était gravement malade » …
Autre exemple, tout aussi positif, même si le contexte est malheureusement plus douloureux. Un très bon ami d’enfance est victime d’une maladie dégénératrice… Sans internet, le tchat, il serait coupé du monde. Sa condition ne lui permet pas de se déplacer facilement et il est plus facile pour lui de chater que de parler au téléphone par exemple. Cela le fatigue beaucoup moins. En faisant des recherches, en croisant les données, les témoignages, il a pu trouver des informations sur sa maladie, mieux comprendre, et parfois même apporter des éléments que les docteurs eux mêmes n’avaient pas (ou plus) en tête. Cela l’aide au quotidien à accepter la dure réalité de sa maladie. Surtout, il a pu entrer en contact avec des personnes qui souffrent de la même maladie; ils en discutent librement, se rassurent, partagent ce qui marche pour l’un, explique ce que l’autre ressent… Ils peuvent le faire tout le temps, en toute simplicité alors qu’il est si difficile pour eux d’échanger sur leur maladie avec leurs proches, leurs familles, leurs amis…

Enfin, le dernier exemple vient de ma mère. L’autre jour, elle me lance « ah oui, toi qui travaille là-dedans, ben, tu sais l’Internet, c’est vraiment super quand même. Cela me permet de communiquer une information d’un seul coup avec tous les membres de la Retraite Heureuse! »
«  Oui, je sais maman, cela s’appelle le mail. C’est fait pour ça. »
«  Oui, et bien, grâce a l’Internet, il y a plus de monde aux enterrements! »
« Quoi?? »
«  Ben, oui. Avant les gens se voyaient tout le temps, ils étaient proches. Dans les dernières décennies, la distance s’installe et on se voit moins au quotidien. On se voit aux réunions, repas, mais plus tous les jours… Du coup, il y avait moins de monde aux enterrements… Maintenant, quand il y a un enterrement, j’envoie un mail et il y a au moins 100 personnes qui viennent! »

Et vous, avez-vous des exemples à partager?

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Facebook est-il déjà mort?

J’ai profité de mes vacances dans ma belle-famille aux Etats-Unis pour prendre le pouls de l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes américains.
Parmi cette dizaine de jeunes, il y avait des ados, des jeunes adultes universitaires, des plus vieux start-upers.
Bien sur, ce panel n’est absolument par représentatif d’une nation entière comme celles des Etats-Unis, d’autant plus qu’ils habitent tous dans la même région (Nord Est des Etat-Unis). Cependant, à l’heure d’Internet, il me semble que les habitudes et les tendances de fond traversent les frontières de tous les états des Etats-Unis à la vitesse de la lumière et le constat que je vais partager pourrait avoir une certaine pertinence.

J’ai donc posé ces deux questions simples : Quels réseaux sociaux utilisez vous? Pourquoi y faire?

FB

Le constat est sans appel : tous ont basculé de Facebook à Twitter. 

Pire, les plus jeunes ont décidé de fermer leurs comptes Facebook!

Les raisons :
– Twitter, c’est plus trendy
– Twitter c’est plus simple
Mes parents ne sont pas sur Twitter

Il se pourrait donc que Facebook soit en train de perdre une génération et forcément les suivantes aussi… C’est, de mon point de vue, un véritable tremblement de terre. D’ailleurs, les mêmes questions posées à tous les parents ont obtenu une seule et unique réponse : Facebook…
CQFD !

Autre phénomène contradictoire et surprenant : les jeunes apprécient le fait que Twitter soit à la fois ouvert et fermé, depuis que Twitter a lancé son mode privé. Du coup, les jeunes peuvent décider de la manière dont ils veulent rendre visible ou pas leurs tweets. De plus, il semble que cette nouvelle génération n’ait plus aucun complexe par rapport à la visibilité de ses tweets. Oui, ils savent donc qu’ils peuvent utiliser le mode privé mais en gros, ils préfèrent être visibles et n’ont pas envie de « cacher » ce qu’ils racontent. Inconscience ou maturité? Personnellement, je vote pour la seconde option.

Bien sur, Twitter n’est pas le seul réseau social utilisé :
– Instagram pour les photos
– Tumblr pour y poster des vidéos et photos associées à une passion, un thème (ou pas)

Et évidemment, Snapchat. Aucun ne l’a cité directement mais à chaque fois que j’ai demandé « mais alors tu n’utilises pas Snapchat? » un gros sourire, voire des rougeurs, apparaissait sur le visage de chacun avec un tonitruant « EVIDEMMENT! »

Les autres grands perdants, en dehors de Facebook, sont Google+ et Vine, amusant mais trop compliqué pour faire des vidéos de 6 à 10 secondes.
Décidément, Google n’arrive pas à percer les secrets du social…